Pharmaciens titulaires et médecins employeurs peuvent envisager une épargne retraite pour leur équipe. Avant de choisir un PER collectif ou de faire évoluer un ancien Perco, trois points méritent une attention particulière : les règles du plan, le coût pour la structure et l’information des salariés.
Identifier le plan réellement en place
Pour un pharmacien titulaire ou un médecin libéral qui emploie une équipe, préparer la retraite des salariés commence par une question de gestion : quel engagement la structure souhaite-t-elle prendre, et pour quels besoins ? Le PER d’entreprise collectif est un dispositif facultatif d’épargne de long terme, alimenté notamment avec l’aide éventuelle de l’employeur. Il concerne ici l’officine ou le cabinet en qualité d’employeur, qu’il s’agisse d’un cabinet de médecine générale ou de spécialité. Adeys Officina invite à partir de cette fonction avant de comparer les contrats. À titre illustratif, une équipe peut souhaiter préparer l’après-carrière tout en conservant une épargne disponible pour les dépenses familiales. La discussion doit donc porter sur la place de ce dispositif dans cet équilibre, plutôt que sur la seule promesse d’un avantage fiscal. Il s’agit d’organiser une possibilité d’épargne, sans préjuger du choix personnel de chacun.
La première vérification porte sur le nom exact du dispositif déjà présent dans la structure. Depuis le 1er octobre 2020, un nouveau Perco ne peut plus être créé ; les plans antérieurs peuvent cependant continuer à fonctionner, recevoir des versements et accueillir de nouveaux participants. Le PER collectif, également appelé Pereco ou Perecol, lui a succédé pour les nouvelles mises en place. Un ancien Perco peut être transformé, mais cette évolution ne doit pas être supposée à la lecture d’un simple relevé commercial. Pour un titulaire reprenant une officine ou un médecin examinant les dispositifs d’un cabinet, réunir le règlement, les éventuels avenants et les informations du gestionnaire constitue donc un préalable utile. Cette lecture permet de poser les bonnes questions avant d’annoncer à l’équipe une modification : quel plan existe réellement, quelles dispositions s’appliquent encore et que changerait le projet envisagé ?
Comparer les versements et la disponibilité
La différence dépasse le vocabulaire. Dans un ancien Perco, les versements volontaires du salarié sont plafonnés à 25 % de sa rémunération annuelle brute. Le PER collectif n’applique pas ce plafond aux versements volontaires, mais cela ne rend pas leur déduction fiscale illimitée : celle-ci obéit à ses propres conditions et plafonds. Les versements personnels ordinaires du Perco ne procurent pas la déduction à l’entrée propre au PER. Surtout, le traitement fiscal d’une sortie du PER varie avec l’origine des sommes et les choix effectués lors des versements. Pour l’employeur de santé, l’enseignement pratique est de demander une comparaison écrite distinguant épargne salariale et versements personnels, entrée et sortie. Un document annonçant une économie d’impôt sans préciser ces éléments ne suffit pas à informer l’équipe. Le cabinet n’a pas à choisir à la place du salarié une stratégie fiscale qui dépend de sa situation.
L’échéance normale du PER collectif est la retraite, avec des possibilités de déblocage anticipé encadrées. L’acquisition de la résidence principale en fait partie, mais les droits provenant de versements obligatoires ne sont pas libérables pour ce motif. L’ancien Perco possède lui aussi des cas de sortie anticipée, dont l’acquisition de la résidence principale, selon ses règles propres. Ces exceptions ne doivent pas devenir, dans la présentation faite aux salariés, une promesse de disponibilité générale. Prenons l’exemple illustratif d’une assistante de cabinet qui prépare un achat immobilier et d’un préparateur en pharmacie qui souhaite financer une dépense familiale prochaine : leurs questions ne se résument pas au même horizon. Une présentation utile commence par la date à laquelle chacun pense avoir besoin de son argent, puis renvoie au gestionnaire pour vérifier les conditions applicables à son projet. Le dispositif doit rester compréhensible avant tout versement.
Construire un budget complet
Le budget mérite ensuite une simulation distincte du discours sur l’épargne du salarié. L’employeur peut compléter les versements par un abondement ; dans le PER collectif, les frais liés à la gestion du plan sont pris en charge par l’employeur tant que le salarié travaille dans l’entreprise. Il est donc utile de demander un devis qui sépare la contribution envisagée et les frais applicables, puis de calculer plusieurs hypothèses de participation. À titre purement illustratif, un projet prévoyant 300 euros de contribution pour chacun de quatre salariés représente 1 200 euros de versements employeur, avant les frais et le traitement social à vérifier. Cet exemple ne décrit ni un minimum légal ni une formule automatiquement autorisée. Pour une officine comme pour un cabinet médical, le travail consiste à rapprocher le règlement projeté, les effectifs concernés et la trésorerie disponible, puis à faire valider le coût complet avant de communiquer un montant à l’équipe.
Donner des repères à l’équipe
Un dispositif collectif appelle aussi une méthode d’information. Le PER collectif doit être ouvert à tous les salariés, avec une éventuelle ancienneté qui ne peut dépasser trois mois. Le livret d’épargne salariale remis à l’embauche et le règlement du plan constituent des documents essentiels ; le gestionnaire transmet ensuite chaque année des informations sur l’épargne, les performances, les frais et les transferts. Dans une petite équipe de santé, une présentation courte peut accompagner ces documents : pourquoi ce projet, comment lire les conditions et à qui adresser une question ? Il est préférable de prévoir un temps dédié, accessible aux différents horaires de travail, plutôt que de laisser chacun interpréter une brochure entre deux patients. Cette organisation est une piste pratique, non une garantie d’adhésion. Elle aide surtout à distinguer la décision de l’employeur de proposer le plan et la décision du salarié d’y participer.
Enfin, le projet destiné aux salariés ne permet pas de conclure que le pharmacien titulaire ou le médecin employeur pourra lui-même en bénéficier. L’éligibilité personnelle du dirigeant doit être examinée séparément ; le seul fait d’exercer en libéral, en société ou avec une activité salariée parallèle ne suffit pas à trancher cette question. De même, un professionnel de santé exclusivement salarié s’intéressera au dispositif proposé par son employeur, tandis qu’un exercice mixte exige de bien identifier la structure concernée. Adeys Officina retient ici une démarche en trois temps : inventorier l’existant, chiffrer le projet collectif et préparer son explication. Avant toute transformation d’un ancien Perco, demander également une comparaison des conditions de sortie : pour ce dernier, la sortie en capital dépend du règlement. Cette revue permet de décider sur pièces, sans présenter la nouveauté du produit comme la preuve qu’un changement serait opportun pour tous.
Sources institutionnelles
- Plan d’épargne retraite (PER) – PER d’entreprise collectif — service-public.gouv.fr
- Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) — service-public.gouv.fr
Illustration générée par intelligence artificielle.









